Le Projet Blair Witch est une saga d’horreur psychologique bâtie autour d’une légende locale : celle de la sorcière de Blair. Son terrain de jeu, la forêt des Black Hills dans le Maryland, devient le cœur d’un mystère où disparaitions, sorcellerie et peur de l’inconnu se mêlent. Le premier film installe son récit à travers les images tournées par trois jeunes cinéastes partis réaliser un documentaire. Heather Donahue, Joshua Leonard et Michael C. Williams incarnent ces étudiants dont la disparition, survenue en 1994, nourrit l’inquiétude avant que leur film ne soit retrouvé. Daniel Myrick et Eduardo Sánchez signent ensemble ce début qui donne à la saga sa forme singulière : une enquête racontée au plus près de ceux qui s’aventurent dans la forêt.
Blair Witch 2 : Le Livre des ombres, réalisé par Joe Berlinger dès l’année suivante, déplace le regard vers un groupe de jeunes visiteurs venus sur les lieux de l’affaire pour se confronter à la légende. Le film conserve donc le cadre de la disparition et l’attrait du mystère, mais change de personnages et d’interprètes : Kim Director, Jeffrey Donovan, Erica Leerhsen et Tristine Skyler prennent la tête de cette nouvelle histoire. La saga ne suit pas les mêmes héros d’un épisode à l’autre ; elle explore plutôt les répercussions de l’affaire et la manière dont la légende attire de nouveaux curieux.
Avec Blair Witch, Adam Wingard revient en 2016 dans les Black Hills et rattache son récit à la disparition de 1994. James, joué par James Allen McCune, part avec ses amis à la recherche d’explications sur la disparition de sa sœur, que beaucoup associent à la sorcière de Blair. Callie Hernandez, Brandon Scott et Corbin Reid complètent le groupe. Le changement de distribution accompagne ainsi un nouveau point de vue sur le mystère, celui d’un proche de l’une des disparues. Le premier film demeure le repère central de la collection, tandis que les deux suites prolongent sa légende par des groupes et des enquêtes différents.
La saga s’adresse aux amateurs d’horreur fondée sur l’atmosphère, les disparitions et l’incertitude, davantage qu’à ceux qui recherchent un récit de monstres clairement exposé. Elle plaira aussi aux spectateurs curieux de voir comment une même légende peut susciter plusieurs explorations, sans reconduire les mêmes personnages ni le même réalisateur.